L’économie collaborative et les hackers

Ces dernières années, l’économie collaborative a définitivement trouvé sa place aux côtés de l’économie traditionnelle. Il suffit de penser à Wikipdia, aux campagnes de crowdfunding, aux voitures partagées ou au couch surfing pour s’en rendre compte. Son essor est bien sûr lié au développement d’internet mais ce qu’on ignore souvent, c’est que les hackers ont été parmi les premiers et les plus ambitieux promoteurs de ce nouveau modèle économique. Voici comment.

Le terme hacker est apparu à la fin des années 50, au Massachusetts Institute of Technology (MIT). Parmi les passionnés d’électronique et d’informatique, on appelait ‘hacker’ les personnes qui démontraient une ingéniosité ou un savoir-faire particuliers. Ces passionnés consacraient leurs jours et leurs nuits à explorer les possibilités des tout premiers ordinateurs. C’est ainsi que par curiosité et par défi, ils développaient sans cesse de nouvelles applications, dont les premiers jeux vidéo. Lorsqu’un hacker développait un programme, il laissait le code trainer dans un tiroir, de sorte que n’importe quel curieux pouvait le consulter et l’améliorer. Pour les hackers, retenir ou vendre l’information était un crime contre la curiosité, contre l’envie d’apprendre et de créer, contre le progrès.

Dans les années 80’, les hackers ont développé la notion de logiciel libre, c’est-à-dire les logiciels que n’importe qui le droit d’utiliser, de modifier, de copier et de redistribuer. C’est selon ces principes qu’en 1991, un jeune hacker finlandais nommé Linus Torvalds entreprend pendant son temps libre de créer un système d’exploitation (« rien de conséquent ou professionnel » dit-il). Petit à petit, le projet attire l’intérêt d’autres enthousiastes, puis le support d’entreprises majeures comme Oracle et IBM. Linux est aujourd’hui l’un des principaux systèmes d’exploitation dans le monde. Il est utilisé par la plupart des serveurs et sert de base à Android.

Dans la lignée de Linux, beaucoup d’autres projets collaboratifs voient le jour aujourd’hui. Parmi celles-ci, je suis particulièrement intéressé par le mouvement open data, qui consiste à publier des données venant d’institutions publiques ou d’organisations privées et d’en permettre l’usage gratuit. Dans une veine similaire, une ville comme Bruxelles encourage ses citoyens à proposer des projets qui visent à améliorer la qualité des services urbains ou réduire ses coûts (projets « smart city »). Pour les citoyens, ces projets sont l’occasion de s’impliquer dans la gestion de leur ville ou de leur pays. Beaucoup reste à dire sur le sujet et je ne manquerai pas d’y revenir par la suite.

 

Pour en savoir plus sur le monde des hackers, je vous recommande deux très bons livres (en accès gratuit) :

Laisser un commentaire